FLASHBACK: Quand le Gabon a (re)joint l’OPEP

Le 1er juillet 2016, le Gabon a officiellement rejoint l’OPEP, deux décennies après l’avoir quitté en 1995 à la suite de désaccords sur les frais d’adhésion.

En 1995, le Gabon, le plus petit membre du groupe, a demandé une baisse des tarifs pour refléter son niveau de production modeste. L’OPEP a refusé sa demande de réduction des contributions annuelles. Les contributions au budget du groupe sont partagées également entre les membres, quel que soit leur niveau de production. La demande du Gabon a été rejetée car le groupe a estimé que la modification du principe de l’égalité des contributions budgétaires devrait entraîner une modification du principe de l’égalité des droits de vote. Les cotisations annuelles combinées de tous les membres ont atteint 1,79 million de dollars cette année-là.

En 2016, le ministre gabonais du Pétrole et des Hydrocarbures, Etienne Dieudonné Ngoubou, a rencontré le secrétaire général sortant de l’OPEP, Abdallah Salem el-Badri, et ils ont discuté de la situation du marché et de l’impact des prix du pétrole sur les pays producteurs. En effet, à l’époque, le prix du pétrole était d’environ $50 le baril, près de $30 début 2016, en baisse par rapport aux records supérieurs à $100 entre 2011 et mi-2014.

Bien que le Gabon élabore actuellement une stratégie de diversification économique pour réduire la dépendance aux exportations de pétrole, un tiers de son budget et les deux tiers de ses revenus d’exportation étaient exclusivement issus de la production de pétrole, en 2016. Les niveaux de production étaient d’environ 200 000 à 240 000 barils par jour, contre pic de production dans les années 90, environ 350 000 barils par jour.

En rejoignant l’OPEP, le Gabon avait l’intention de participer aux discussions multilatérales élaborant la stratégie pour soutenir l’augmentation des prix du pétrole à l’échelle mondiale. À l’époque, un plan de stabilisation soutenu notamment par l’Algérie et le Venezuela faisait l’objet d’un veto de l’Arabie saoudite. Les parties prenantes visaient à coordonner leurs stratégies afin de renverser la chute des prix mondiaux du pétrole, mais les États membres de l’OPEP n’avaient jusqu’à présent pas réussi à s’entendre sur des quotas de production inférieurs, préférant plutôt maintenir leur part de marché, contribuant ainsi à maintenir les prix bas.

En 2016, le Gabon était le seul pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à être membre de l’OPEP. Depuis, il a été rejoint par la Guinée équatoriale en mai 2017.