Le Gabon, pionnier de l’enseignement pétrolier

En 2010, le troisième producteur pétrolier au Sud du Sahara a lancé l’Institut du Pétrole et du Gaz (IPG) à Port-Gentil, capitale sectorielle du pétrole au Gabon.

L’objectif du gouvernement gabonais était de créer une centre d’excellence national et régional en termes de formation dans le secteur des hydrocarbures, en proposant des cursus techniques et professionnels dans tous les métiers liés au pétrole, de l’exploration à la distribution.

L’IPG est né d’un partenariat entre Libreville et les compagnies pétrolières présentes dans le pays, en premier lieu Totax, Addax Petroleum, Eni, Perenco et Shell. Le budget de l’école se situe autour de 9 millions d’euros.

L’institut accueillera au maximum une soixantaine d’étudiant chaque année, en provenance du Gabon mais aussi d’autres pays francophones d’Afrique Centrale. L’offre s’est étendu peu à peu au cours des années : l’IPG a commencé à offrir des formations professionnelles en 2014 avec notamment des cours de spécialisation dans les domaines suivants : géosciences, extraction, forage, logistique, maintenance industrielle, économie, finance et gestion, parmi d’autres.

La faible présence de nationaux dans le secteur du pétrole, notamment aux postes-clés, a longtemps été un facteur de débat au Gabon, où les opérateurs étrangers étaient souvent accusés d’employer trop d’étrangers.

Le syndicat principal du secteur, l’organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a pris le sujet en main et a déclaré des grèves à répétition, qui paralysait le secteur, afin de faire entendre la voix des travailleurs.

Les étudiants de l’IPG savent que la pression est élevée : en effet, la totalité du cursus coûte environ 150,000 euros chacun, entièrement couvert par le partenariat public-privé. Les cours sont donnés par les entités importantes du secteur tels que l’IFP Training, de l’Institut Français du Pétrole.

Le Gabon a produit 10,901 tonnes de pétrole en 2019, en augmentation de 13% par rapport à l’année précédente. Dans la lignée du plan national de développement, le gouvernement a lancé en 2018 un cycle de licences offshore et a voté un nouveau code pétrogazier en 2019 pour attirer de nouveaux investisseurs.