Gabon, Le 12e cycle de licences en eaux profondes et très profondes toujours en cours

Après la mise en œuvre d’un nouveau code pétrolier et gazier en 2019, le cycle de licences en cours au Gabon – qui doit se terminer fin avril 2020 – a permis la signature de 12 accords pour des activités d’exploration offshore. Les entreprises impliquées attendent des éclaircissements sur la mise en œuvre du nouveau code des hydrocarbures, qui devraient avoir lieu une fois la crise du COVID-19 maîtrisée.

En février 2020, le Gabon a annoncé une nouvelle date de clôture pour son 12e cycle d’octroi de licences en eaux peu profondes et profondes, du 10 janvier 2020 au 30 avril 2020. Le cycle était initialement fixé avec une échéance d’avril 2019.
Trente-cinq blocs sont proposés; 12 blocs en eau peu profonde et 23 blocs en eau profonde. La société de géophysique TGS a été désignée comme partenaire technique officiel à l’appui de la Direction générale des hydrocarbures du Gabon et a acquis 17000 km2 de services à large bande 3D dans des domaines clés, en plus d’offrir une couverture sismique 2D nationale stratégique.

En août 2019, le Gabon a signé deux contrats d’exploration pour des blocs au large des côtes du sud du Gabon. Une première depuis cinq ans, qui est intervenu alors que le pays venait d’adopter un nouveau code pétrolier, présenté comme étant plus favorable aux investisseurs.

Petronas, basée en Malaisie, a officiellement acquis les blocs «Yitu» (F12) et «Meboun» (F13), situés au large de Mayumba, dans le sud du Gabon, qui couvrent une superficie totale de plus de 4 300 km2. Avec ces deux contrats d’exploration et de partage de production (PSC) – conformément aux termes du nouveau code pétrolier – Petronas dispose désormais de trois actifs au Gabon qui, une fois développés, “pourront atteindre une production totale de 200 000 barils par jour” , selon le communiqué de presse du ministère gabonais du Pétrole.

En novembre 2019, le Gabon a signé sept nouveaux accords d’exploration et de partage de production (CEPP) avec Assala Upstream Gabon, Assala Gabon SA, Perence Oil & Gas Gabon Limited et Sinopec Overseas & Gas limited.

Les accords ont été signés par l’ancien ministre du pétrole et des hydrocarbures du pays, S.E. Noël Mboumba et découlent du code révisé du pays sur les hydrocarbures, qui vise à créer un environnement plus compétitif pour les investissements dans le pétrole et le gaz.

Les contrats, qui généreront également des investissements de 250 millions de dollars, concernent des actifs dans la province de l’Ogooué-Maritime couvrant environ 2 829,35 kilomètres carrés.

En outre, l’ancien ministre a déclaré que la signature des EPSA témoignait de l’attrait du nouveau code des hydrocarbures du pays, qui a été adopté en juillet 2019 et a déjà vu la signature de neuf nouveaux accords pétroliers.

En février, la major franco-britannique Perenco et Libreville ont signé trois nouveaux CEPP (CEPP), à l’issue de consultations directes entre les deux parties.

Ezila G4-260, Onembe G4-261 et Evaro G4-262: ces trois blocs offshore, situés au large de l’Ogooué Maritime, sur une superficie de 5161 km2, seront exploités par Perenco Exploration Gabon SA. Le 14 février, l’Etat gabonais et Perenco, leader du secteur pétrolier du pays avec 90 000 barils par jour, ont signé trois contrats d’exploration et de partage de production (CEPP).

La société a une période d’exploration de huit ans et “s’engage à investir un montant d’au moins 90 millions de dollars (83 millions d’euros) pour la recherche d’hydrocarbures” dans ce bassin sédimentaire, précise le communiqué du ministère.

Les trois CEPP ont été négociés après “des consultations directes”, a indiqué le communiqué de presse du gouvernement. Une pratique courante, selon le ministère des Hydrocarbures, notamment pour les champs marginaux. Perenco, qui a acheté les actifs de Total dans le pays en 2018, est également l’un des partenaires “historiques” de Libreville, avait déclaré le ministre, Vincent de Paul Massassa.

Le pays, où le secteur pétrolier représente environ 50% du PIB, a subi de plein fouet la chute des prix du pétrole en 2014 – 2015. Au vu de ce qui a été décrit comme une crise économique, le Gabon a bénéficié d’un accord élargi de le Fonds monétaire international (FMI) en juin 2017, pour un montant total de 642 millions de dollars.

Bénéficiant de 2,5 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole, le Gabon est l’un des producteurs d’hydrocarbures les plus établis du golfe de Guinée et a pour mission d’augmenter sa production de pétrole de 50% d’ici 2020/2021.

Depuis son lancement en novembre 2018, le 12e cycle d’octroi de licences en eaux peu profondes et en eaux profondes du Gabon est toujours en cours, la date de clôture a été retardée en raison de problèmes liés à la mise en œuvre du nouveau code des hydrocarbures ainsi que de l’incertitude entourant la santé du président gabonais victime d’un accident vasculaire cérébral il y a plus d’un an.

Alors que le gouvernement du Gabon se concentre sur la lutte mondiale contre COVID-19, la clôture officielle du cycle de licences devrait être annoncée peu après la fin de la crise, les dirigeants ayant déclaré que le retard n’avait rien à voir avec la situation politique.

Le code révisé a été bien accueilli par les compagnies pétrolières internationales car ses termes leur étaient considérablement plus favorables que ceux du précédent code des hydrocarbures promulgué en 2014.